Peut-on manipuler et goûter des produitsillicites comme le porc et le vin dans le cadre de cours en cuisine?
Question détaillée : Je suis de confession musulmane depuis ma naissance (hmd), depuis peu, j'ai décidé de suivre des cours de cuisine. Mais je me suis trouvé confrontée à un problème : le professeur m'impose de manipuler du porc et du vin, mais surtout de goûter les préparations. Il m'a aussi présenté un document venant d'un certain Cheikh Hassan qui ferait partie du Centre Islamique où, apparemment, il explique que pour les cours et le travail l'islam nous autorise à manipuler mais aussi à goûter sans cracher. Autant pour les manipulations, je pourrais faire un effort autant pour ce qui est de goûter sans cracher je reste perplexe. Je voudrais changer de domaine et la cuisine m'a toujours attiré.
Texte de la réponse
Résumé :
Oui, sous certaines conditions.
Réponse détaillée :
Tout d’abord, disons qu’il paraît évident pour tout musulman que les produits mentionnés dans votre question ont été clairement et sans ambiguïté prohibés par la Loi musulmane.
Pour ce qui est du porc, et cela s’applique aussi à la chaire d’une bête qui n’a pas été sacrifiée rituellement, le Seigneur dit : (Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée -sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité.) (Sourate La table servie /n°5, v.3)
Quant au vin, le Très-Haut dit ceci : (Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.) (Sourate La table servie /n°5, v.90)
L’interdiction mentionnée dans ces deux versets couvrent tous les aspects liés à ces choses prohibées : leur consommation, leur vente, leur manipulation, etc.
Cependant, si dans le cadre d’études sanctionnées d’un diplôme donnant accès à la profession dans un domaine licite, la manipulation de ces produits s’avère un passage obligé ne souffrant d’aucune dérogation possible, ceci devient un besoin (l’accès à la profession) s’apparentant à une nécessité (al-darûra) en vertu de la règle juridique stipulant ceci : un besoin peut prendre le statut d’une nécessité (al-hâjatu tunazzalu manzilata al-darûra).
Quant au fait de goûter ce que l’on prépare à partir de ces produits illicites, il s’inscrit dans le même registre que ce que nous avons développé précédemment mais sans pour autant avaler. Le recours au besoin nécessaire soutenu auparavant doit être restreint au maximum.
Enfin, pour ce qui est du document religieux attribué au Cheikh Hassan Ibn Seddiq (que Dieu le couvre de Sa clémence), grande autorité religieuse du Centre Islamique en son temps, celui-ci a bel et bien existé mais il a été difficile de prouver son authenticité. Le Cheikh Hassan Ibn Seddiq étant alors décédé, il ne fut dès lors guère possible d’établir ce fait auprès de lui.